Témoignages de soldats

 

Cette partie publie des témoignages de personnes qui ont eu un ancêtre soldat, ayant combattus à Verdun ou sur d'autres fronts de la première guerre mondiale.

Afin que le parcours et le courage de nos anciens soit honoré, j’invite toutes personnes voulant faire partager les actes d’un de ces ancêtres de contribuer à cette partie.
Pour cela, il suffit de m'envoyer un témoignage et si possible, une photo du combattant, pour que je l'incère à la suite de cette liste (envoie par mail en cliquant sur le petit télégraphe en bas à gauche du site).

Votre texte sera mis sans aucune retouche de ma part afin de ne pas altérer vos propos. Essayer donc qu'il soit clair, concis, éloquent et respectueux envers les hommes qui ont combattu en 14-18.

Merci


BOURDON Charles (témoignage de Mr BOURDON)
LOUVEL Eugène (témoignage de FLOCHER Gérard)
WALTER Georges (Témoignage de THOMASSIN Alain)
CABROL Henry (Témoignage de Jean-Louis DUPUY)
Soldat X

 

LOUVEL Eugène (témoignage de FLOCHER Gérard)

Un poilu de la grande guerre 1914-1918, mon grand père. Son nom LOUVEL Eugène, Emile Louis . Né le 12 mai 1896 à Tourville-sur-Arques (un très beau village à 4 km de Dieppe 76 Seine Maritime).

Il fut mobilisé le 11 avril 1915 au 1er régiment de zouave.
Le 3 juin 1916, il passa au 3 éme régiment de zouave en renfort et il combattu à Verdun (Meuse) dans les tranchées et la boue. Il fut blessé le 15 novembre 1916 à Douaumont sur les hauteurs de Verdun d’un éclat d’obus au bras et à la main gauche.
Il retourna au front après guérison.

Au front il se distingue avec courage sur l’attaque du Mont Saint-Siméon (Oise) le 28 aout 1918 et sur l’attaque de la tranchée de la Madone (Oise) le 30 aout 1918 ce qui lui valu une citation : Zouave LOUVEL Eugène Emile Louis. Il fut cité à l’ordre du régiment le 20 septembre 1918 comme zouave dévoué et courageux. Chargé à différentes reprises pendant les journées du 28 et 30 aout 1918 de missions de liaisons très périlleuses, il les à exécutés avec un courage au-dessus de tout éloge à travers les tirs de barrage ennemi et les tirs de mitrailleuses.
Il reçu la Médaille de la croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze (pour sa citation). Et plusieurs autres médailles.
Sur le front il fait 2 ans, 2 mois et 3 jours en unité combattante.
Il arriva sous les drapeaux le 11 avril 1915 et il fut démobilisé le 17 septembre 1919

Son frère LOUVEL Cyprien, mon grand oncle, 132e RI est mort aux Eparges (Meuse) le 19 janvier 1915. Son nom est graver a l'ossuaire de douaumont.
Je suis allez plusieurs fois a Verdun et aux Eparges. Pour moi, l'ossuaire de Douaumont est le temple des héros !!!

Mail de M. FLOCHER Gérard : fggrose@aol.com

Haut


BOURDON Charles (témoignage de Mr BOURDON)

Mon père Charles BOURBON né le 14/10/1896 a été blessé le 6 septembre 1916 à la Cote 304 vers le bois d'Avocourt. Etant parti comme volontaire la nuit du 5 au 6 septembre avec 1 officier et 2 soldats, repérer les tranchées ennemis, a été prit vers 5 heures du matin sous le tir des canons allemands. Il a été blessé par un éclat d'obus a la jambe droite et a été sauve par l'officier qui était avec lui ( un lieutenant ) qui a réussi a rejoindre les lignes françaises.
Mon père a été transporté a l'arrière des lignes et a été amputé de sa jambe dans la soirée,
amputation pratiquée sans anesthésie.
Il avait 20 ans le 14/10/1916.

IL N'AIMAIT PAS BEAUCOUP EN PARLER DE CETTE SALE GUERRE , mais il m'a expliquer tout ce qu'on put souffrir ces pauvres poilus.
UN EXEMPLE POUR LA JEUNESSE D'AUJOURD'HUI QUI PLEURE POUR PAS GRAND CHOSE.

Mon père est décédé le 19 décembre 1973, il n'aura connu qu'un seule de ces petits enfants.

Mail de M. BOURDON : ?

Haut


WALTER Georges (Témoignage de THOMASSIN Alain)

Mon grand-oncle, GEORGES WALTER est né à AVRICOURT en Meurthe-et-Moselle le 2 Avril 1890. Il fait son service militaire en 1910 à Toul au 156e R.I. (photo jointe, prise lors de son service) et le 2 août 1914, il est mobilisé à TROYES dans le 356e régiment d'infanterie de réserve qui appartient à la 145e brigade de la 73e DI.

Il participe courant août aux premières batailles des frontières en Lorraine puis à la défense du fort de TROYON près de ST-MIHIEL du 6 au 15 septembre. La résistance héroïque du fort de TROYON évitera l'encerclement dès 1914 de la place de VERDUN par l'occupation des Hauts de Meuse (Les Éparges) et l'arrêt de l'offensive Allemande en Woëvre.
Mais le 20 Septembre à la grande surprise du commandement Français, les Allemands reprennent l'offensive vers les Hauts de Meuse, la 145e brigade (brigade mixte de Toul) évacuent les villages de Mamey, Limey, Flirey et Lironville entre ST-MIHIEL et PONT à MOUSSON.
En position de repli dans les bois de la Hazelle et de la Voisogne au sud de LIRONVILLE, les 356e et 346e RI se lancent à l'assaut de ce village à 6 h du matin le 21 septembre. La résistance des allemands enterrés dans des tranchées à la lisière du village est acharnée et les pertes françaises sont terribles. Rien qu'au soir du 21 près de 600 hommes sont tombés, tués ou blessés. Les combats dureront jusqu'au 23.

Mon grand-oncle est parmi les blessés, il est évacué sur le poste de secours du régiment où il meurt deux jours plus tard. Sa plaque d'identité (photos jointes) sera envoyée à ses parents avec ses quelques affaires personnelles. Ma grand-mère maternelle, sa soeur, en fût la gardienne jusqu'à ce qu'elle me la confie et je la garde à mon tour précieusement.
Il reste encore sur cette plaque de la terre de LIRONVILLE que personne n'a jamais osé enlevé. Il reste aussi un morceau de l'ultime lien qui l'attachait à lui et qui à notre tour nous rattache pour toujours à lui, à son sacrifice et à son souvenir. Il avait 24 ans. Il repose dans la petite nécropole nationale de LIRONVILLE qui renferme aussi une partie des soldats tués durant les journées tragiques des 21, 22 et 23 septembre 1914.

Avant de terminer, je voudrai parler aussi de son frère, Joseph WALTER mobilisé en 1914 à l'âge de 20 ans, mais dans l'armée Allemande, car mes arrières grands parents étaient Lorrains mais résidaient avant 14 en Lorraine annéxée. Joseph fût incorporé au 168e Infanterie Régiment, 5ème HESSOIS, et envoyé sur le front Russe.
Blessé lui aussi, en décembre 1914, il meurt à l'hôpital militaire de RYBNO le jour de Noël. Nous n'avons jamais pu connaître son lieu de sépulture, s'il en subsiste un.

Pour conclure je voudrais citer une phrase de Jacques MEYER, ancien combattant de 14-18 et écrivain :
" La guerre, mon vieux, tu sais bien ce que c'était, mais quand nous serons morts qui donc l'aura jamais su ? La guerre, mon vieux, c'est notre jeunesse ensevelie et secrète."

Mail de M. THOMASSIN Alain : alain.thomassin@tiscali.fr

Haut


CABROL Henri (Témoignage de Jean-Louis DUPUY, neveu du lieutenant Kléber DUPUY, voir la partie Thèmes - Les Grands Hommes de Verdun)

Le soldat Henry CABROL est originaire du Lot et Garonne.
C'est lui , " le coureur H. CABROL ", qui porte au Colonel BORIUS, le 11 juillet 1916, le rapport du Lieutenant Kléber DUPUY depuis le Fort de Souville " ... sauf ordre contraire , je reste au fort et j'en assure la défense " (voir la partir Fortification - le fort de Souville).
Il guide ensuite le Capitaine DECAP vers le fort, alors que les calibres 380 et même 420 pilonnent les ouvrages bétonnés sans interruption.
Cette action lui vaut une citation à l'ordre de la Brigade : Ordre N° 31 du 27 juillet 1916 - CABROL Henri - soldat - 3e compagnie, " Agent de liaison pendant les attaques s'est offert pour des missions des plus périlleuses a assuré pendant deux jours, 11 et 12 juillet 1916 , la liaison sous les plus vifs bombardements. "

En avril 1917, dans les Monts de Champagne, toujours avec le lieutenant DUPUY, il prend part à l'assaut du Casque. " Mission très dangereuse par suite des nombreux fortins de mitrailleuses installés de part et d'autre et qui n'avaient pu êtres tous détruits par notre artillerie. "
Il obtient une citation à l'ordre du Régiment : Ordre N° 25 du 8 Mai 1918 - CABROL Henri - soldat - 3e compagnie, " La liaison du commandant de Cie ayant été fortement éprouvée, a rempli pendant les journées du 24 au 26 avril le rôle de coureur dans un terrain particulièrement battu par les mitrailleuses. S'est acquitté de toutes les missions qui lui ont été confiées. "

Le 31 mai 1918, lors de la seconde bataille de la Marne, le capitaine DUPUY est grièvement blessé, laissé pour mort et abandonné dans une grange… un petit carton accroché à la vareuse : " Capitaine DUPUY … dans le coma ".
Dupuy écrira : " … me réveillant, je me suis rendu compte: une jambe en moins, l'autre blessée. Aussitôt, j'ai réagi : on vit avec une seule jambe , non ! "
Et le secours est arrivé... Henri CABROL sous la mitraille l'a chargé sur ses épaules pour le mener à l'état Major afin qu'il puisse rendre compte. Le docteur médecin-major au 7e R.I., L. DELON, écrira : " Parmi les officiers blessés se trouvait Kléber DUPUY, le vainqueur de Souville, atteint d'une grave hémorragie. Pendant que je lui faisais un pansement, délicat et douloureux, il rendait compte au colonel avec un calme admirable et une insensibilité apparente "

Henri CABROL fut cité le 7 janvier 1919 à l'ordre de l'armée : Ordre général N° 1578 de la 4eme Armée du 7-1-1919 - CABROL Henri - Soldat - 3° compagnie - matricule 1578, " Agent de liaison d'un dévouement et d'une abnégation remarquables. Le 19 juillet 1918, un de ses camarades venant d'être mortellement blessé en tenant de porter un ordre au Cdt de la Cie à un échelon avancé, s'est offert spontanément à le remplacer en disant : " Puisqu'ils se sont fait démolir à quatre pattes, j'irais debout ". A d'ailleurs continué par la suite d'exercer sur la ligne de combat de nombreuses missions périlleuses, donnant à tous le bel exemple de sang froid et d'énergie " (signé : GOURAUD)

Henri CABROL ne reçut la médaille commémorative de VERDUN que le 25 juin 1965 !

Il est décédé le 9 Mai 1966.
Le 15 mai 1966, sa fille écrit à Kléber DUPUY qui, malade et alité, n'avait pas pu se rendre aux obsèques : " Comme vous le désiriez , nous avons épinglé sur la poitrine de notre Cher Papa la médaille de "Ceux de Verdun". Son cercueil fut recouvert d'une écharpe tricolore fournie par les pompes funèbres … Aucune association d' anciens combattants n'a voulu nous prêter un drap tricolore prétextant que notre cher Père n'était pas connu d'eux. Il avait pourtant acquitté sa cotisation de 1966 à la FNAC, section de Montauban, carte de membre actif N° 15 ! "

HOMMAGE AU SOLDAT HENRI CABROL, UN DE CES GLORIEUX ANONYMES QUI ONT DEFENDU LEUR PATRIE ET LA LIBERTE.

Mail de M. DUPUY Jean-Louis : jeanlouis.dupuy0710@orange.fr

Haut


Soldat X

Hommage à tous ces pauvres jeunes morts pour la France !!!

Mon grand-père, né en 1896, a fait cette guerre du début à la fin, dans le 87èmeRI. Gravement blessé durant la bataille de la Somme, puis celle du Chemin des Dames, il est chaque fois reparti au combat.
En 1970, il est mort d'un cancer après de longues souffrances. J'avais alors 12 ans, mais je me rappelle que pendant les jours précédant sa mort, ayant perdu la raison, il n'arrêtait pas de parler de tranchées, d'attaques, de mitrailleuses, de bombardements ..... Il disait même entendre les voisins hurler pour qu'on aille les secourir......
En fait, ce n'étaient que de vieux souvenirs horribles qui refaisaient surface.

C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à m'intéresser à cette guerre, et que depuis, je ne cesse de découvrir. Le sujet est grave, mais extrêmement passionnant. Grâce à Internet, les recherches sont plus larges, et je vous félicite pour votre site, qui met en valeur une page de cette terrible guerre, durant laquelle des millions de jeunes soldats français et alliés ont vécu l'horreur pour notre liberté.

Honneur à eux pour l'éternité, et que plus jamais une telle tragédie ne se reproduise !

Haut


 

La suite est en évolution constante, avec vos témoignages... n"hésitez pas !!!