L'artillerie de tranchée

 

Au début de la guerre, les Allemands possédent déjà un certain nombre de mortiers de tranchée, qu'ils vont utiliser dés le début de la guerre de position, les Minenwefers. Il en existe de plusieurs calibres allant de 76 mm jusqu'à plus de 200 mm. Ils sont montés sur des chassis à roues. Leurs bombes explosives sont de la forme d'une bouteille de butane un peu arrondies aux deux bouts. Elles ont une trajectoire courbe, une fois arrivées au plus haut, elles oscillent, puis guidées par de petits d'ailerons, elles retombent verticalement. Lorsque le tir est bien ajusté et que la bombe retombe dans la tranchée adverse, les dégâts sont considérables.

Elles sont la terreur des hommes et dès 1915, un système de guetteurs qui gardent le regard fixé en l'air est mis an place. Quand ils en voient une, ils donnent un coup de sifflet, et les gars cessent toute occupation pour se précipiter du côté qui leur semble le moins menacé. Ils s'écroulent les uns sur les autres et, parfois, malheureusement, dans leur affolement, ils se retrouvent en plein dessous.
A ces Minenwefers les Français répondent rapidement, mais par la débrouille, le canon de 75 n'étant pas capable de réaliser "des tirs en cloche". De vieux mortiers de 1875 sont ressortis mais ils s'avèrent peu efficace ; Des mortiers fait avec un tube en métal sont bricolés pour relancer au Allemands leur obus de 77 mm qui n'ont pas explosés, aucune visé ni hausse n'est possible...
Finalement, au printemps 1915, les Français mettent au point leur premier mortier de tranchée qui à un calibre de 58 mm.


Mortiers de tranchée français premier et second type

Avec l'apparition de cette nouvelle arme, il est créé de nouvelles unités d'artilleurs spécialisées et autonomes et un nouvelle insigne de spécialité.

Les hommes qui composant ces unités prennent vite le surnom de " crapouillot ", rapport à la forme des mortiers qui ressemblent à de petits crapauds, et du saut caractéristique qu'ils font au lancement d'un projectile.

Jusqu'à la fin de la guerre, les modèles de mortiers et les calibres vont évoluer, passant de 1100 pièces en octobre 1915 à 4000 à la fin de 1917. A son apogée, cette arme compte 50 000 hommes.

A l'été 1918, la reprise de la guerre de mouvement met fin à cette arme qui a su rattraper son retard et qui a rendu un service incommensurable à l'infanterie. Elle sera dissoute en août 1919.