L'uniforme français bleu-horizon

Je tiens à dire que les informations contenues dans cette partie "Uniforme" sont les plus exactes possible. Cependant, elles sont très généralisées à un uniforme bleu horizon "de base". Pendant toute la première guerre mondiale, l'uniforme français a beaucoup évolué et tous les corps d'armée avaient des caractéristiques vestimentaires différentes et bien spécifiques.

Si toutefois, cette partie contenait des erreurs "impardonnables" à vos yeux, merci de me le faire savoir par mail et je prendrai grand plaisir à les corriger. Si vous disposez de photos couleurs de meilleure qualité ou absentes dans cette description, je suis également preneur.

Christophe FOMBARON

 

L'entrée en guerre :

Au tout début de la guerre, 3.7 millions de soldats sont mobilisés. Si les opérations de regroupement des troupes se passent bien, un autre problème ne tarde pas à surgir : on manque d'uniformes ! dans les premiers mois de guerre, l'Intendance est dépassée. Il manque près de deux millions de collections d'habillement et d'équipement. Des marchés sont passés dans la panique générale. Les chaussures se font si rares que l'on paye aux hommes celles qu'ils apportent en arrivant dans le régiment !

De plus, l'uniforme français en vigueur en 1914 est déplorable. A l'exception des chasseurs en tenue sombre, les soldats sont affublés d'un pantalon rouge garance qui fait d'eux une cible idéale pour la mitraille allemande.

 

Pantalon modèle 1887 :

C'est un pantalon remontant à 1829, sous le règne de Charles X. Le modèle de l'entrèe en guerre date de 1867 et n'a pratiquement pas été modifié depuis.
Il est de coupe droite. Il posséde 2 poches de chaque côté et une poche de gousset sur le côté droit. Dans le dos, une martingale permet d'ajuster la taille.
En 1873, une agrafe en acier est ajoutée au niveau de la ceinture afin de la rendre plus résistente.
En 1887, les pattes intérieures de fermeture des poches sont supprimées et la même année, une doublure est ajoutée dans le bas du pantalon pour limiter le plus possible l'usure dû au frotement avec les guêtres.
Rapidement, cet effet devient obsolète et il est urgent de le réformer.

 

 

Képi modèle 1884 :

Le képi du fantassin est un modèle de 1884 qui n'a pas du tout évolué depuis. Il est même au fil du temps devenu un élément émotionnel fort pour les soldats et les civils.
Il est distribué en 3 tailles (140, 145 ou 150 mm de diamètre) et possède une hauteur de 90 mm devant et 150 mm derrière. La hauteur du bandeau bleu foncé est de 40 mm. Un passepoil bleu foncé est présent sur toutes les coutures. La visière, arrondie, ainsi que la jugulaire sont en cuir noir. L'aération est assurée par 2 petites sphères métalliques percées de 7 petits trous et disposées de part et d'autre du képi.
A hauteur du front se trouve le numéro du régiment taillés dans du drap rouge garance.
Comme le pantalon, le képi est beaucoup trop voyant, il est également urgent de le modifier.

 

 

Capote modèle 1877 :

Avant la guerre, les soldats sont vêtus d'une capote en drap de laine gris de fer bleuté (à 90% de laine bleu foncé et 10% de laine crue) dont le modèle date de 1877.
En partie doublée de toile de lin, il s'agit d'une capote croisée qui se ferme par deux rangées de six boutons demi-bombés en cuivre modèle 1871. Chaque bouton est frappé d'une grenade en remplacement du numéro du régiment qui figurait sur l'ancien modèle.
Les manches sont fendues et ferment par un petit bouton. Le dos, d'un seul tenant, ne présente pas de fente dans le bas et dispose de 2 martingales. Sur la gauche, une patte de ceinturon munie d'un bouton sert à soutenir le ceinturon et à l'empêcher de tourner. Le collet est droit et se ferme par un crochet métallique.
Les pattes de collet rectangulaires sont en drap rouge garance et portent le numéro du régiment en drap gris de fer bleuté (comme le reste de la capote).
Aux épaules, d'utiles pattes à rouleaux servent à retenir les bretelles du fusil et de l'équipement. Ces épaulettes sont maintenues grâce à 2 brides cousues sur l'épaule de la capote. Le modèle d'épaulette 1908 se présente avec un seul rouleau alors que le modèle 1913 dispose de 2 bourrelets, dont un plus petit. Au début de la guerre, en raison du manque de pièces, beaucoup d'hommes ne perçoivent qu'une épaulette qu'ils portent du côté droit (du côté du fusil).
Les plis peuvent être attachés derrière le dos par deux boutons, mais au début de la guerre, ils sont souvent relâchés pour dissimuler le pantalon rouge garance.

Rapidement, plusieurs défauts sont constatés : les 2 rangées de boutons sont trop repérables ; le col est petit est ne protège pas beaucoup du froid ; une fois le sac à dos porté, les poches sont difficilement accessibles (lorsque l'on pense qu'il aura fallu presque 40 ans d'existence au modèle 1877 pour que ces problèmes soit constatés...). Il est aussitôt décidé d'activer le remplacement de ce modèle, réforme qui était déjà envisagée avant même le début de la guerre.

 

Vareuse modèle 1870 :

A la mobilisation, les soldats n'ont théoriquement pas de vareuse. Un modèle qui date de 1870 existe mais il ne fait pas partie de la tenue de combat et il est généralement porté dans les casernes et campements.
Cette vareuse est taillée dans du drap bleu foncé et posséde une doublure en toile blanche. Elle ferme par 9 petits boutons.
Durant l'hiver 1914-15, faute de mieux, les soldats vont la porter sous la capote, mais elle s'évère totalement inadaptée, très courte (elle porte le nom familier de "ras de cul") et trop fine, elle ne protège pas assez du froid.
Dans l'urgence de l'hiver, l'armée va distribuer des modéles en velour sombre de coupe plus longue. Plus tard, elle tolérera l'achat et le port de nombreux modèles civils qui côtoyeront le modèle réglementaire (veste de chasse, tunique de travail, etc.).
Cela va donner à l'armée Française un aspect très dépareillé, une situation auquelle il faut remédier rappidement.

 

 

Equipement en cuir :

Tout l'équipement en cuir est teinté de noir.

Les jambières :

Au début de la guerre, elles ont subit 2 modifications depuis 1887. En juillet 1912, une fente est ajoutée sur l'arrière au centre, afin qu'elles s'ajustent mieux aux brodequins.
En juin 1913, le mode de fermeture est modifié. Un côté est désormais composé de haut en bas de un oeillet, deux crochets et deux œillets. L'autre est composé de haut en bas de trois crochets et un œillet. Le tout est toujours fermé par un lacet en cuir.
A l'usage, les jambières s'avèrent très inconfortables, trop petites, elles scient les mollets.

 

Le ceinturon :

A l'entrée en guerre, les soldats sont équipés du ceinturon modéle 1845. C'est l'effet le plus ancien de l'uniforme français.
Il est en cuir côté chair vers l'extérieur ciré en noir. Un côté est muni d'une grosse plaque en cuivre alors que l'autre d'un anneau plat cousu au ceinturon. Cet anneau vient se crocheter dans un crochet plat soudé sous la plaque en cuivre.

Le principal inconvénient du ceinturon réside dans la manière d'ajuster sa longueur, qui n'est pas du tout pratique. En effet, l'ajustement se fait en faisant coulisser et glisser en force le cuir sous l'attache de la boucle. Le surplus de cuir est ensuite maintenu plaqué grâce à un passant mobile. La boucle en cuivre n'est donc pas solidaire du cuir, et avec le temps, le ceinturon se desserre petit à petit, obligeant d'être souvent réajusté.
En plus de cela, la boucle en cuivre est assez imposante et ne passe pas dans les passants des cartouchières et du porte-baïonnette. A chaque fois que l'équipement doit être monté, il faut désolidariser la plaque du ceinturon, passer les éléments charge et réajuster la longueur du ceinturon.
Autant dire qu'avec cet effet, rien n'est fait pour faciliter l'habilement des soldats.

 

 

Ceinturon modèle 1873

 

Il faut attendre 1903 pour que la plaque en cuivre soit enfin remplacée par une boucle en cuivre à 2 ardillons, permettant cette fois ci le passage dans les passants des éléments de charge.
Ce nouveau modèle est distribué en 3 tailles : 110, 115 et 125 cm. Le modèle moyen comporte 2 rangés de 11 trous et ce nombre varie sur les 2 autres modèles.


Ceinturon modèle 1903


A la mobilisation, le modèle 1873 est le plus courant, cepandant, jugé trop voyant à cause des reflets des rayons du soleil sur la boucle en cuivre, il est petit à petit remplacé par le modèle 1903. Cependant, la quantité impressionnante du ceinturon modèle 1845 dans les entrepôts de stockage ne rend pas facile cette réforme et ce modèle sera encore fréquent durant tout le premier semestre de l'année 1915, mais avec sa boucle repeinte en noir.

 

Les bretelles de suspension :

Les bretelles de suspension, que l'on peut également appeler " brelage ", servent à maintenir les 3 cartouchières. Elles sont confectionnées en cuir noir retourné. Elles sont formées de 3 branches en Y qui sont reliées ensemble par un anneau dorsale en laiton. A chaque extrémité, un crochet en cuivre vient se crocheter à l'anneau de la cartouchière. Des trous percés dans chaque branche permettent de régler en hauteur des crochets.
A l'entrée en guerre, c'est le modèle 1892 qui équipe le fantassin français.


Bretelles de suspention modèle 1892

 


Les 3 cartouchières :

A l'entrée en guerre, les soldats sont équipés des 2 cartouchières modéle 1888. Deux sont ventrales et une est dorsale. Elles sont fixées au ceinturon grâce à 2 passants en cuir, et aux bretelles de suspension par 1 anneau métallique. Chacune peu contenir jusqu'a 5 paquets de 8 cartouches, soit 40 cartouches par cartouchière. La cartouchière dorsale est très gênante, car elle empêche le soldat de se coucher, et même de s'asseoir sans qu'il la sente en permanence au bas de son dos.

En 1905, une modification est apportée. Les 2 passants en cuir sur la face arrière sont remplacés par un triangle de cuir plus large enfin de permettre à la boucle en cuivre du ceinturon modèle 1845 de pouvoir passer (voir le paragraphe sur le ceinturon ci-dessus)..
Très vite, un défaut est constater : si le crochet de la bretelle de suspension vient à se décrocher, le haut du triangle, en raison du poids de la cartouchière, glisse sous la bande de cuir verticale, puis sous le ceinturon et la cartouchière tombe au sol. Pour remédier à ce problème, il est préconiser de tordre l'anneau en fer à 90°, mais cette mesure de fortune n'est pas entièrement fiable et sera peu utilisée.


Cartouchière modèle 1888

Cartouchière modèle 1905

 

 

La réforme du bleu-horizon :

Au début du siècle, la guerre des Boers a attiré l'attention de la plupart des états-majors du monde sur la nécessité de réformer l'habillement militaire. Toutes les grandes puissances en tirent effectivement les conséquences, sauf la France. Cette réforme concerne les couleurs qui doivent être moins voyantes, mais également la coupe de l'uniforme et son paquetage. Le fantassin français est non seulement trop repérable, mais il est aussi quelque peu empêtré.

Il est bon de signaler que si l'uniforme n'a pas subi de modifications, les Français ont réfléchi à la question. On est même surpris d'apprendre qu'entre 1903 et 1914, il y a eu en France plus d'essais de nouvelles tenues de couleurs neutres (gris bleu, beige bleu ou encore réséda) que dans n'importe quel autre pays. Mais aucune réforme n'est suivie d'adoption. Les seules instructions fermes ne datent que du 27 juillet 1914, mais c'est trop tard. Elles ne seront appliquées qu'après la bataille de la Marne, en septembre 1914. L'uniforme " bleu horizon " existe déjà en août 1914… mais reste dans les cartons.


Au lendemain de la victoire de la Marne, l'état-major part donc à la recherche d'une tenue plus appropriée. Son choix se porte finalement sur un drap bleu, dont il reste à déterminer la nuance. Une teinture à base d'indigo est finalement élue pour donner le fameux bleu horizon. Ce drap est en réalité un mélange de laine blanche (35%), de laine bleue foncée (15%) et de laine bleue claire (50%).

 

Une couleur pour chaque arme :

En plus d'une nouvelle couleur pour l'uniforme, une couleur est attribuée à chaque arme. Cette couleur est utilisée entre autres pour les passepoils des bonnets de police, ceux des culottes et les insignes de col :

- jaune jonquille pour toute infanterie confondue (à partir du 30 octobre 1918, bleu ciel pour l'infanterie coloniale et les tirailleurs ;

- rouge écarlate pour l'artillerie et les services de l'artillerie ;

- noir pour le génie, la justice militaire, les tribunaux et pénitenciers ;

- bleu foncé pour la cavalerie ;

- blanc pour la gendarmerie ;

- vert pour les services du train de l'équipement, les services automobile et les services de pharmacie ;

- gris fer bleuté pour les services de recrutement, l'administration d'état major et le secrétariat d'état major (jusqu'au 12 octobre 1916);

- bleu ciel (sur font kaki) pour les interprètes militaires, l'infanterie coloniale et les tirailleurs (à partir du 30 octobre 1918) ;

- gris pour les sections des commis ouvriers d'administration et l'intendance ;
- rouge garance pour les services de santé, infirmerie et vétérinaire ;
- orange pour l'aéronautique et le ballon dirigeable ;

- de la couleur de l'uniforme " bleu horizon " pour les services de chemin de fer en campagne, les services de trésorerie et postes aux armées et la télégraphie militaire (à partir du 10 octobre 1915).

 

Un insigne pour chaque spécialité (insigne de bras) :

Les insignes de spécialité sont des motifs distinctifs qui se portent sur le bras gauche, à égale distance du coude et de l'épaule, et qui permettent de distinguer une fonction spécifique attribuée à un soldat.
Au début de la guerre, un certain nombre de spécialités existent déjà dans l'armée française. Les insignes s'y rapportant sont souvent de couleur garance sur un font gris de fer bleuté, couleurs se mariant les mieux avec le tenue alors en vigueur.

A partir de novembre-décembre 1914, lorsque la nouvelle capote Poiret de couleur bleue commence à être distribuée (voir la partie "Capote"), il est stipulé que les insignes de spécialité rouge garance présent sur l'ancienne capote doivent être recousus sur la nouvelle.

Au printemps 1915, le 17 mai, il est décidé que les insignes de spécialité doivent à présent être systématiquement confectionnés de couleur bleu foncé pour la troupe (ou à défaut, de couleur sombre), et de couleur or pour les officiers. Cette mesure est destinée à faire disparaître les insignes de couleur rouge garance, jugés trop voyants.
Tous les insignes sont donc reproduits soit de manière réglementaire, artisanale ou civil par des magasins flairant là, une source de profits. Cette production massive va entraîner de nombreuses variantes pour un même insigne, de formes plus ou moins approximatives, plus ou moins détaillées ou simplifiées, de différentes nuances de couleurs, directement brodée sur l'habit ou sur une pièce de tissu cousue ensuite sur l'habit.

L'insigne des Sapeurs existe depuis 1872. Il représentent 2 haches croisées surmontées d'une grenade.
D'abord de couleur jaune jonquille, il est devenue rouge garance en 1900. Il devient bleu foncé au printemps 1915.


Insigne du génie avant mai 1915

Insigne du génie après mai 1915

Insigne du génie officier

 

L'insigne des Vélocipédistes est porté en bassard. Il représente un vélo rouge garance qui devient bleu foncé au printemps 1915. En septembre 1916, le brassard est abandonné au profit de la pièce de tissu directement cousue sur la manche gauche.


Insigne de vélocipédiste porté
en brassard avant mai 1915

Insigne de vélocipédiste entre novembre 1914
et mai 1915

 

L'insigne des Musiciens existe depuis 1888. Il représentent une lyre et il est porté sur chaque bras.
De couleur rouge garance et bordé de cordelet de fil d'or, il subit lui aussi la modification du printemps 1915.


Insigne de musicien avant mai 1915

Insigne de musicien après mai 1915

 

Depuis 1872, les tambours et clairons sont identifiés par un galon tricolore qu'ils portent au col de leur capote. En décembre 1914, il est décidé que cet insigne sera porté en bas des manches comme un gade de caporal ou de sous-officier.
De plus, comme le stipule la nouvelle réforme des grades du 22 octobre 1914 destinée à les rendre moins voyants
(mesure rendue indispensable en raison des terribles pertes en officiers au cours des premiers mois de guerre), le galon passe à 12 mm de largeur au lieu de 22.


Insigne de tambour-clairon porté
au col de la capote

Insigne de tambour-clairon porté en
bas des manches comme un grade

 

L'insigne des Télégraphistes et le même que celui des Signaleurs, il représente 3 foudres que se croisent sur une étoile.


Insigne de télépraphiste et
signaleur avant mai 1915

Insigne de télépraphiste et signaleur
d'officier aprés mai 1915

Variante d'insigne de télépraphiste
et signaleur aprés mai 1915

Insigne de télépraphiste et signaleur
de troupe aprés mai 1915

 

Il en va de même pour tous les autres insignes de spécialités existant dans l'armée française, dons voici quelques exemples.
- Les modèles rouge garance sur font bleu date de la période comprise entre novembre-décembre 1914 et mai 1915, lorsque la capote Poiret a déjà été percue mais que la réforme des insignes n'est pas encore en vigueur.
- Les modèles bleu foncé ou de couleur sombre date d'après mai 1915 et respecte la nouvelle reforme.

 

Insigne de maréchal ferrant

Insigne de sellier

 

 


Insigne de colombophile

Insigne de marinier

Insigne de bourrelier

Insigne de bottier

 

 


Insigne d'armurier
existant depuis novembre 1910
Modèles troupe et officier

Insigne des services
auxilières

Double insigne
armurier-mitrailleur

Insigne de d'escrimeur
existant depuis mars 1912
Modéle officier

 

 


Insigne de médecin

Insigne de coiffeur-barbier

Insigne de personnel d'état-major

 

 


Insigne d'installateur
de baraquement
0
Insigne d'observateur artilleur

Insigne de chemin de fer
 

Insigne de
projecteur électrique

Insigne de skieur
 

Insigne de chemin de fer
en campagne

Insigne de transmission
sans fil
 

Insigne des Section de Repérage
par l’Observation Terrestre
 

Insigne d'automobiliste
 

Insigne de maître-chien

 

Durant la guerre, avec les méthodes de combats qui évoluent, de nouveaux insignes de spécialité sont créés. Le premier d'autres eux est l'insigne de grenadier en juillet 1915 qui représente une grenade éclatée. Mais contrairement à la réforme qui a eu lieu en mai de la même année, cet insigne n'est pas de couleur bleu foncé mais de couleur jonquille pour la troupe et en fil d'or pour les officiers.
Cette extravagance sera corrigée en septembre 1916 ou la grenade deviendra officiellement de couleur bleu foncé comme les autres insignes portés par la troupe.

Durant cette période, quelques éclaireurs d'infanterie commencent a porter à leur initiative une étoile garance ou bleu foncé en guise d'insigne de spécialité. Bien qu'aucun règlement militaire ne viennent autoriser le port de cet insigne, il tant à se vulgariser auprès d'une grande majorité des éclaireurs. Un nouvel insigne est donc né à l'initiative des hommes de troupe.


Insigne de grenadier
entre juillet 1915
et septembre 1916

Insigne de grenadier
après septembre 1916

Insigne d'éclaireur (non réglementaire)

 

En juillet 1916, un insigne destiné aux fusiliers-mitrailleurs Chauchat est créé. Il représente la silhouette de l'arme surmontée d'une grenade.

En août 1916, un insigne est créé pour les servants du canon de 37 mm. Il représente la silhouette d'un canon.

Insigne de fusilier-mitrailleurs Chauchat
 

L'insigne des servants de canon de 37 mm

 

D'autres insignes de spécialité apparaissent tel que l'insigne des servants du canon de tranchée 58 mm, autrement appelé "Crapouillot", des aviateurs, des compagnies d'aérostier ainsi que leurs mécaniciens, des servants de canons de 75 mm, de canons de D.C.A., des compagnies de camouflage, des compagnies de chars...


Insigne des servants du canon
de tranchée 58 mm

Insigne des servants du canon
de tranchée 75 mm

Insigne des compagnies de camouflage
 

Insigne des servants du canon de D.C.A.
 

Insigne d'aérostier

Insigne de mécanicien aérostier
 

Insigne d'aviateur

Insigne des compagnies de chars

 

Pour finir, un certain nombre de récompenses existent dans l'armée française au début de la guerre, des prix de tir essentiellement.
Depuis novembre 1912, ces distinctions sont devenues des insignes de fonctions que les soldats les ayant gagnés peuvent porter en permanence sur leur uniforme. Ils sont portés en général au même endroit que l'insigne de spécialité ou au dessus si une spécialité est déjà présente.

Ainsi, la récompense des sections de mitrailleuses pour les caporaux-chefs, est 2 canons croisés de couleur garance. Pour les sous-officiers adjoint au chef de section, 2 canons croisés de couleur or.
La récompense pour les tireurs d'élites de première classe est un cor de couleur garance. Pour l'ensemble des tirs d'une année, un cor brodé en fil d'or


Insigne de caporal-chef de pièce
de mitrailleur entre novembre
1914 et mai 1915

Insigne de sous-officier adjoint au
chef de section de mitrailleuse
après mai 1915
 

Insigne de prix de tireur d'élite première classe avant mai 1915

 

 

Cette nouvelle réforme de tous les uniformes de l'armée française est très longue à se mettre en place et passe par de nombreuses modifications de l'ancien uniforme avant d'être réellement généralisée. En fait, les soldats des premiers mois de guerre peuvent paraître singulièrement dépareillés… ce n'est que fin 1915 que les poilus, correctement équipés du nouvel uniforme, présentent une allure commune.